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Dimanche 27 novembre 2005
Par Nati - Publié dans : Qui est qui au Gabon?
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Vendredi 25 novembre 2005
La difficile campagne de l’anti-Bongo
(Le Messager 25/11/2005)


On vote ce dimanche pour élire le prochain président. Le scrutin est verrouillé pour permettre au doyen des chefs d’Etat africains de rempiler. Aucun cadeau n’est fait à l’opposition. En témoignent, les obstacles dressés sur la route de Pierre Mamboundou.

Au volant d'un 4x4, Pierre Mamboundou engloutit les kilomètres pour se rendre à son prochain meeting sur une piste à l'image de sa campagne électorale pour la présidentielle de dimanche au Gabon: cahoteuse. Le marathon parsemé d'embûches que le chef de file de l'opposition "radicale" mène à travers son pays est l'antithèse de celui du président sortant Omar Bongo.
Là où le président - candidat déploie toute une flotte d'avions et d'hélicoptères à chacun de ses déplacements, Pierre Mamboundou peine à affréter un appareil. Et parfois, l'avion qu'il a finalement réussi à louer "disparaît" pendant des heures, obligeant l'opposant à retarder ou à annuler des meetings. Là où les partisans du chef de l'Etat arborent T-shirts, casquettes et pagnes à l'effigie de leur champion, ceux de l'Union des patriotes gabonais (Upg) de Pierre Mamboundou préfèrent endosser un polo, une cravate ou une écharpe rouge. “ Pour donner un carton rouge à Bongo ”, explique leur candidat. Et là où le camp présidentiel distribue à tout - va le "franc électoral", le président de l'Upg transporte de petites urnes en bois, peintes en rouge, invitant ses partisans à y glisser des contributions financières. Avec les moyens du bord, Pierre Mamboundou mène campagne, malgré tout. A chaque étape, l'attendent plusieurs milliers de personnes avides de changement - la "marée rouge", précise son entourage.
Mais Pierre Mamboundou, 59 ans, ne parvient pas toujours sur les lieux de ses réunions électorales. Soudain, sur la piste cahoteuse, se dresse une barricade. Le petit cortège est à l'entrée d'Okondja, dans le sud-est du Gabon, où un meeting est prévu. Une trentaine d'hommes armés de gourdins attendent le convoi, et ont mis le feu à un pneu pour barrer le passage. “ Vous avez vu l'état de la route! On veut une nouvelle route, on ne fait entrer personne à Okondja ”, lance l'un des meneurs sur un ton agressif. “ On fait entrer qui on veut ”, ajoute un autre, comme pour le rectifier. Car des voitures portant des messages de soutien à "Bongo 2005" viennent de franchir sans encombre ce barrage. D'ailleurs, les barricades sur l'axe menant à Okondja avaient été opportunément levées la semaine dernière, juste avant un meeting du président -candidat.
Descendu de sa voiture, Pierre Mamboundou, du haut de son mètre quatre-vingt-dix, tente d'apaiser les esprits. Mais l'heure n'est pas à l'échange d'amabilités. La discussion s'envenime et bientôt éclate la bagarre entre les hommes de la barricade, qui ont reçu des renforts armés de machettes, et le service d'ordre de l'Upg, tout autour d'un Pierre Mamboundou imperturbable. Les autorités locales et les forces de l'ordre, alertées, sont invisibles. La petite équipée d'opposants finit par faire demi-tour, et s'éloigne de la barricade, entourée d'affiches "Omar Bongo Ondimba" laissées intactes par les protestataires... “ Sabotage ”, tonne le candidat Mamboundou dans sa voiture. “ C'est une mascarade organisée par les gens du pouvoir ”, dit-il avant d'ironiser sur un slogan du président : “ Voilà ‘’Bongo, homme de paix’’ ”.
Sur le chemin du retour, le sourire revient. Dans un village, un comité de soutien à Omar Bongo pense assister au passage du cortège attendu et se met à chanter et à danser. Pierre Mamboundou baisse sa vitre, déception du comité. Mais il suffit de trois phrases de l'opposant pour retourner le petit groupe, dont les membres se mettent aussitôt à chanter et à danser pour lui souhaiter la victoire, tout vêtus qu'ils sont de T-shirts à la gloire présidentielle.



Par Francesco FONTEMAGGI (Afp)
Le 25-11-2005

 

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Par Nati - Publié dans : Qui est qui au Gabon?
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Vendredi 25 novembre 2005
Le chef face au changement



GABON - 20 novembre 2005- par ZYAD LIMAM, ENVOYÉ SPÉCIAL


Une campagne assez musclée pour un scrutin sans grande surprise. Toutefois, le vote du 27 novembre suscite un vrai débat de société. Avec, en filigrane, la question de la succession d'Omar Bongo Ondimba.


Le 27 novembre, les Gabonais sont appelés aux urnes pour élire leur président. Ce sera le troisième scrutin présidentiel pluraliste de l'histoire du pays, après ceux de 1993 et 1998. Omar Bongo Ondimba, président sortant, briguera, lui, un sixième mandat ! L'enfant de Lewaï (devenu Bongoville), en pays batéké, peut se prévaloir d'un double record : celui d'avoir été le plus jeune chef d'État du continent, à 32 ans, et d'être devenu le doyen des présidents africains. Arrivé au pouvoir en 1968, au terme d'une succession constitutionnelle, le président aura traversé près de quarante ans de vie publique. Ce qui en dit long sur sa capacité de survie et sur ses talents d'homme politique. « OBO », comme l'on dit dorénavant à Libreville, est aux origines de la nation gabonaise. Il est consubstantiel à cette république qu'il a modelée et qui lui ressemble. Pour lui, il s'agit d'une élection purement formelle. Mais OBO veut entrer dans l'Histoire, et certains, très déterminés, voudraient bien l'en empêcher. Regards sur un patron insubmersible, sur une campagne plus rude que prévu, sur un pays qui change, et sur les possibles réponses à la question taboue : celle de sa succession.

 

Recettes et mystères présidentiels Il a nommé et il nommera. Et les neuf dixièmes de ses concitoyens n'ont connu que lui. Comme chef d'État, Omar Bongo Ondimba a côtoyé Kwame Nkrumah, Félix Houphouët-Boigny, Ahmed Sékou Touré et Thomas Sankara. Ami de Bourguiba et, surtout, d'Hassan II, il est presque le parrain de Mohammed VI. Il a côtoyé tous les chefs du Parti communiste chinois depuis Mao et tous les présidents de la Ve République française. Il a vécu la fin de la colonisation, la décolonisation, les espoirs et les déceptions de la liberté retrouvée, le règne du parti unique, la chute du parti unique, le vent de La Baule, la fronde des quartiers, la conférence nationale, les accords de Paris, la difficile démocratisation de son pays et du continent. Il a connu le temps de l'abondance, le pétrole qui coule à flots, et les temps de l'austérité, de la crise, de l'ajustement. Cet homme est capable de s'adapter aux événements, aux crises, aux accidents et aux évolutions. C'est un personnage essentiellement politique, sûr de sa qualité et de son rôle de chef, déterminé à aller au bout de son chemin. Et de son destin. Si l'on parle de pouvoir, Omar Bongo Ondimba est redoutable.

Il connaît les villages de son pays, de fond en comble, comme la plupart des grandes capitales du monde. Il est à la fois musulman, franc-maçon, probablement initié aux rites de la forêt. Il est chef depuis près de quarante ans et a donc décidé de le rester. L'issue de la présidentielle elle-même, sauf surprise exceptionnelle, paraît ne pas faire de doute. Le président est le président. Et, en Afrique, le sortant, qui dispose de l'appareil d'État, des médias, de la solidarité des fonctionnaires, perd rarement les élections. On aurait pu, par ailleurs, croire le chef usé par près de quatre décennies de pouvoir ; au contraire, il se ressource en permanence dans l'exercice des responsabilités. Dans une région instable, l'homme est passé maître dans l'art du maintien de la stabilité. Sa présence continue au palais, sa gestion quotidienne des dossiers accentue son autorité. « Au Gabon, explique une personnalité qui ne lui est pas particulièrement proche, seul Bongo peut taper sur la table... » Le président gère la rente, arbitre les conflits et modère en permanence les intérêts régionaux et ethniques. « Le Gabon est une société assez homogène, commente un universitaire de la place. Et le pouvoir politique s'assure de la pérennité de cette homogénéité. Chaque famille, chaque village, chaque région, chaque ethnie doit être représentée quelque part au sommet. Untel est directeur général d'une société publique, tel autre est au ministère, tel autre encore dans une ambassade... Chacun d'entre nous, y compris le plus modeste, peut se prévaloir d'un parent qui occupe un poste d'envergure. » Le schéma est particulièrement efficace. La campagne électorale en cours l'a confirmé. Dans chaque région, dans chaque ville, des coordinateurs de la campagne présidentielle ont été nommés. Venus de tous horizons, tous impliqués dans la bataille et, aussi, il faut bien le dire, dans la course aux subsides. Il n'y a pas de directeur national, il y a le « patron » qui commande. Résultat, tout l'appareil ou presque se mobilise. Celui-ci a su rester puissant grâce à sa capacité d'absorption. Plus encore qu'en 1998 et, surtout, qu'en 1993, le président a su fédérer autour de lui une « grande coalition » de partis et de chefs de parti, capables de mobiliser des votes. La plupart de ses adversaires d'hier, Paul Mba Abessole en tête, ont rejoint le régime. Le Parti démocratique gabonais (PDG), endormi par un long règne et par le confort du pouvoir, a été mis en concurrence avec ces nouveaux alliés, qui ont élargi l'assise électorale d'Omar Bongo Ondimba. Tacitement, de manière plus ou moins consciente, l'opinion publique du pays paraît disposée à signer un dernier bail avec « le patron ». Il y a une forme de respect pour le parcours du patriarche, une forme de reconnaissance aussi. Le Gabon est resté en paix, à l'abri des coups d'État, des violences et des soubresauts qui ont marqué l'ensemble du continent, et plus particulièrement la région. Malgré certains réflexes autoritaires, on discerne dorénavant des éléments réels de démocratisation. Malgré la baisse continue des revenus pétroliers au cours de la décennie écoulée, malgré les vicissitudes, les lenteurs du développement économique, les inégalités croissantes, l'explosion de la dette, le pays n'a pas sombré. L'État a survécu aux crises. Certes, on est loin de l'abondance (et du gâchis) des années 1980, mais les salaires sont payés, le système éducatif et hospitalier a survécu tant bien que mal. Plus important encore, un avenir meilleur n'est pas impossible. Les richesses sont là, le pétrole encore, mais aussi les mines, les parcs nationaux, l'écotourisme, la forêt, le développement d'une industrie de transformation... Malgré les excès et les échecs, le Gabon reste un pays à part, comme protégé. Et la plupart des Gabonais ne sont pas prêts à faire la révolution.

 

Grandeur et limite de la contestation Entre la révolution et le changement, il y a une nuance de taille. Et nombreux sont ceux qui aimeraient bien que les choses changent. En particulier, les moins bien lotis. Pour le Gabonais moyen, la vie est très difficile. Pour le Gabonais « d'en bas », elle est presque impossible. La crise économique des vingt dernières années a particulièrement touché les revenus les plus modestes, dans les campagnes et les villes de province. Le ras-le-bol diffus du peuple est d'autant plus prononcé que les inégalités augmentent. Alors que les « quartiers » s'embourbent dans le « no future », les belles villas continuent de pousser, ici et là, sur les collines et en bord de mer. Les restaurants de luxe font le plein, les 4x4 sont devenus une banalité du décor urbain, alors que le makaya, le citoyen de base, tire le diable par la queue.

« Le problème, résume un économiste, c'est que les gens ont la certitude que le pays fonctionne à deux niveaux. Très mal pour les pauvres, qui sont ultramajoritaires. Et très bien pour les riches, qui sont ultraminoritaires. En réalité, le problème, c'est l'abandon de toute politique sociale minimale depuis plus d'une décennie... » Ce n'est pas forcément le président qui est visé par cette analyse. « On connaît ses défauts et ses qualités, on connaît sa générosité. Mais on connaît aussi les ministres qui ne font rien, les administrateurs qui détournent l'argent public », s'emporte un chauffeur de taxi. Pour lui, comme pour la plupart des Librevillois « d'en bas », la liste des coupables est longue : les cercles élargis ou rapprochés, l'administration corrompue, les ministres, les fonctionnaires, les barons inamovibles, « l'entourage » à la gourmandise sans limites...

Reste à savoir comment canaliser ce mécontentement à la fois réel et diffus. Reste aussi à savoir quel programme réaliste une opposition parcellaire et divisée peut-elle proposer à l'opinion. Pierre Mamboundou, leader de l'Union du peuple gabonais (UPG), a annoncé sa candidature le 9 octobre dernier. Opposant historique au régime du président, il a une réputation de probité affirmée. Il est l'un des rares à n'avoir jamais cédé à la tentation d'un portefeuille ou d'un poste, l'un des rares aussi à ne quasiment jamais mettre les pieds à la présidence. Depuis son retour au pays, à chaque élection, depuis celle de 1993, il tient son rang, il dénonce les pratiques et les échecs du pouvoir point par point. L'homme se veut au-dessus des contingences, il a le ton de celui qui sait où il va. Mais même ses proches s'étonnent de son « isolationnisme ». Commentaire d'un observateur : « Pierre est un vrai combattant, mais il n'a pas su créer un parti d'envergure nationale. Il n'a pas su vraiment sortir de sa région d'origine, Ndendé, dans le sud-ouest du pays, et s'installer, par exemple, à Libreville. Il parle au peuple, mais il faut aussi rassurer les élites qui contrôlent le pays. Il n'a pas trouvé les moyens de financer son activité. C'est un bon opposant, mais il n'arrive pas à se démarquer de ce rôle historique et à se poser en potentiel gouvernant. »

Autre figure, inversée, pourrait-on dire, de l'opposition au président, celle de Zacharie Myboto. Produit exemplaire de la génération Bongo Ondimba, il fut plusieurs fois ministre de haut rang tout au long d'une carrière de près de trente ans. Il connaît les rouages du système, les gens qui l'animent, le fonctionnement du palais et du parti. Il connaît le président, il a travaillé pour lui, ils ont été alliés et parents, même si, comme toujours chez OBO, « le chef reste le chef ». Bref, cet ancien de la maison, « démissionné » début 2001, s'est retourné et mène une campagne étonnamment agressive et tonitruante contre celui qui fut longtemps son mentor et son patron. La bataille, d'ailleurs, est féroce, probablement à la hauteur de l'immense dépit ressenti de part et d'autre.

De nombreux électeurs ont cependant du mal à lire la candidature du baron devenu opposant. Si l'on peut reconnaître un certain courage à Zacharie Myboto, une « colonne vertébrale », pour reprendre l'expression d'un « pédégiste », pour s'attaquer ainsi à OBO, beaucoup cherchent encore le sens de son entrée en lice. Comment un homme aussi longtemps impliqué dans le système peut-il aujourd'hui le fustiger sans la moindre nuance ? Comment peut-il condamner Bongo Ondimba sans se condamner lui-même ? Le tout-Libreville se perd en conjectures. Pour certains, c'est clair : il n'y a là que du dépit amoureux, l'ego d'un homme profondément blessé. Pour d'autres, c'est certain, il s'agit d'un calcul : attaquer le boss pour mieux négocier, dans quelques mois, son retour en grâce et en force au palais. Pour les derniers, enfin, c'est sûr, la candidature Myboto ouvre en réalité un chantier beaucoup plus important, la succession du président. Zacharie Myboto, malgré tout âgé de 67 ans, aurait pris date pour le futur, avec une longueur d'avance sur tous les barons du régime qui rêvent d'un grand destin...

Commentaire en guise de conclusion de Patrick, étudiant en troisième cycle : « Tout cela est bien gentil. La compétition amuse le peuple et nourrit les gazettes. Mais on ne répond pas aux vraies questions, et l'on ne mesure pas les changements dont notre société a besoin. »

 

Les nouveaux Gabonais Il y a la caricature du Gabon, pays de fonctionnaires assoupis en attente du chèque mensuel. Et puis, il y a une réalité plus subtile : un début de changement, confus, complexe, mais notable des mentalités. Les Gabonais sont de plus en plus gabonais, de plus en plus conscients de leur spécificité. Les élites se regardent un peu plus souvent dans une glace, conscientes de leurs responsabilités. La population est éduquée. Il y a une société civile et intellectuelle, des professeurs, des avocats, des magistrats, des hommes d'affaires qui discutent et qui s'interrogent. Beaucoup, sans trop savoir comment, veulent sortir du « grand-frérisme », de la culture « alimentaire ». La plupart d'entre eux sont lucides, le modèle d'hier, celui du pétrole et de la vie facile, est à bout de souffle. L'État ne peut plus tout faire, donner un emploi à tous. Évidemment, tout cela est très progressif. Comme le souligne avec franchise une personnalité du régime, « la plupart d'entre nous sommes prisonniers du système que nous avons fabriqué. Il faut changer, nous le savons tous. Mais changer serait renoncer à trop de confort et d'habitudes. Il faudra attendre l'arrivée d'une nouvelle génération pour que ce pays bouge vraiment. » Réponse d'un universitaire : « Les nouvelles générations n'ont pas de formule magique. Elles pourront être tentées, elles aussi, de reproduire un fonctionnement qui perpétue le partage stérile du gâteau. »

Malgré ces contradictions, l'envie de progrès, de changement, de modernisme s'installe. On la sent présente dans les dîners en ville, dans les belles maisons, au bar du casino Croisette où se retrouvent golden-boys et intellos. On voudrait un pays plus productif, plus ouvert sur le monde, plus démocratique, et un peu égalitaire. On voudrait des gens plus jeunes aux postes à responsabilités, on voudrait un renouvellement de la classe politique. Et on voudrait, même de manière ambiguë, un peu plus de responsabilité, un peu plus de sanctions, un peu moins de laxisme... Le président Bongo Ondimba, même du haut de son palais, même contraint par les entourages et le conservatisme des cercles du pouvoir, semble avoir pris la mesure de ces besoins d'évolution. Il a encore envie de jouer un rôle. Il veut être celui qui remet de l'ordre dans la maison, après des années d'austérité. Son programme s'appuie sur une politique de grands travaux, comme pour dire « Gabon is back ». À tous les réformistes, à tous ceux qui lui demandent plus de transparence, plus de démocratisation, il répond qu'il est probablement le seul à pouvoir mener à bien la transition et à assurer la modernisation du régime. Qui d'autre que l'architecte, le président lui-même, pourrait réformer le système sans provoquer d'incontrôlables soubresauts ?

 

Demain, la succession D'une manière générale, le Gabon ne rêve pas de révolution. D'une manière générale, le Gabon respecte le chef, cet homme qui a marqué l'histoire du pays, qui l'a façonné. Dans sa majorité, la population est prête à signer un dernier bail avec « le patron ». On a besoin de lui pour maintenir la stabilité. Et on a besoin de lui pour initier un mouvement durable de changement et de progrès. Mais pour que tout cela fonctionne, il faut régler LE problème, évoquer plus ouvertement LA question taboue, celle de la succession. Commentaire d'un proche du palais : « Nous connaissons le président, avec ses qualités, ses exigences, ses défauts. Nous le respectons pour ce qu'il a fait. Nous savons que quitter le pouvoir, surtout en Afrique, est particulièrement difficile. Mais lui sait aussi que sa responsabilité envers nous, dorénavant, est de créer les conditions pour que "l'après" puisse advenir sans rupture et sans casse. Nous avons besoin de lui pour définir ce que sera le pays après lui. » Commentaire plus caustique d'un autre familier du pouvoir, entendu à Libreville il y a déjà quelques mois : « Le président a prouvé qu'il n'était pas Mobutu. À lui de prouver qu'il ne sera pas Houphouët. »

De haut en bas de l'échelle, le Gabon parle clairement de succession. Dans les quartiers, bien sûr, où l'on s'inquiète d'une possible déstabilisation qui rendrait la vie plus dure encore. Mais, surtout, évidemment dans les états-majors, chez les « grands » qui aspirent à un destin national. Confession d'un quasi-candidat dans l'attente de la succession : « Il y aura des élections, et beaucoup de candidats, je peux vous l'assurer. Ceux qui voudront se présenter se présenteront. Reste à savoir si les perdants accepteront la défaite... »

Omar Bongo Ondimba écoute tout ce brouhaha avec l'air matois, sans donner l'impression d'y prêter une attention excessive. Comme tous les hommes de pouvoir, comme tous ceux qui ont forcé leur destinée, l'idée de ne plus être le chef, l'initiateur, le deus ex machina, semble inimaginable. Ce serait comme renoncer à soi. Mais le président ne veut pas être l'homme du moment de trop. Confronté à la quadrature du cercle, il paraphrase souvent le général de Gaulle : « Il faut quitter le pouvoir avant qu'il ne vous quitte. » Et il aborde dorénavant le sujet dans les interviews (voir J.A.I. n° 2305 et AM n° 242). Il fait semblant de ronchonner, parce que le pays se tourne vers lui pour régler le problème, au lieu de se tourner vers les institutions, le hasard et les urnes. Mais, au fond, il en est fier. Après tout, c'est lui le chef...

 

Par Nati - Publié dans : Qui est qui au Gabon?
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Vendredi 25 novembre 2005

Gourdins, machettes et cailloux pour accueillir Mamboundou
(Gabon Flash 24/11/2005)


L’un des deux principaux candidats d’opposition à la présidentielle de dimanche au Gabon, Pierre Mamboundou, a été contraint mercredi d’annuler trois meetings prévus dans une province bastion du président sortant Omar Bongo Ondimba après une série d’incidents, selon des sources concordantes.

M. Mamboundou a affirmé avoir été caillassé mercredi par une trentaine de jeunes, peu après avoir entamé un meeting électoral à Franceville (700 km au sud-est de Libreville), capitale du Haut-Ogooué, province natale et fief du président Omar Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 1967 et candidat à un nouveau mandat.

"J’ai commencé à parler devant quelques milliers de personnes mais après cinq minutes des projectiles ont commencé à tomber", a-t-il affirmé; des assertions corroborées par des témoins. "Ces jeunes ont été déposés par deux autobus", a-t-il ajouté, accusant le pouvoir d’avoir "organisé" cet incident.

Son directeur de campagne a été touché au cou par une pierre, et le meeting a dû être interrompu, a précisé M. Mamboundou, président de l’Union du peuple gabonais (UPG), considéré comme le candidat de l’opposition "radicale" au président Bongo.

Le meeting suivant, prévu dans la ville voisine de Moanda, a été annulé "car nous avons appris qu’il y avait une autre équipe pour nous attendre", a-t-il expliqué.

Dans la matinée, M. Mamboundou avait dû rebrousser chemin à son arrivée à Okondja, à 130 km au nord de Franceville, où il avait prévu de tenir un meeting, après avoir été accueilli par une barricade dressée par des jeunes armés de gourdins et de machettes.

Des coups avaient été échangés entre son entourage et ces jeunes sans faire de blessé. M. Mamboundou a également attribué cet incident au camp présidentiel. "Des hiérarques ont monté des désoeuvrés armés de gourdins et de machette pour nous empêcher d’aller faire meeting", a-t-il estimé.

Okondja est le fief de Paul Toungui, ministre de l’Economie et des Finances et gendre de M. Bongo.

M. Mamboundou a récemment dénoncé "des démarches délibérées pour (l’) empêcher de battre campagne" de la part du camp présidentiel, se plaignant que l’équipe de campagne de M. Bongo ait notamment réservé l’ensemble des moyens de transports disponibles ou, dans certaines localités, l’ensemble des lieux susceptibles d’accueillir une réunion.

Des accusations similaires ont été lancées par l’autre candidat de poids, Zacharie Myboto, ancien baron du régime passé récemment à l’opposition.

Mardi, M. Mamboundou avait annulé un meeting à Koulamoutou (centre), en raison du retard inexpliqué de l’avion censé l’y emmener. Le samedi précédent, son meeting à Port-Gentil, la capitale économique, avait été longuement retardé, M. Mamboundou étant bloqué ailleurs par la "disparition" de l’avion qu’il avait loué.

Source : © Afrique Centrale Info

Par Nati - Publié dans : Qui est qui au Gabon?
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Dimanche 20 novembre 2005

Mamboundou perd son avion

AvionL'avion de Pierre Mamboundou disparaît dans la nature

L'opposant gabonais Pierre Mamboundou, candidat à la présidentielle du 27 novembre, a dénoncé samedi "des démarches délibérées" pour l'"empêcher de battre campagne", affirmant être bloqué dans le sud-ouest du Gabon après la "disparition" de l'avion qu'il a loué.

"Je suis coincé à Gamba. Nous avons affrété un avion, que nous avons payé 13 millions de francs CFA (19.800 euros) jusqu'à lundi, mais il a disparu", a déclaré M. Mamboundou, opposant "radical" au président-candidat omar bongo ondimba.

M. Mamboundou avait prévu de quitter Gamba samedi à la mi-journée pour se rendre à Port-Gentil, la capitale économique du Gabon, dans l'ouest du pays, où un meeting était prévu.

 

 

"Nous avons aussi des problèmes pour trouver des espaces pour faire nos meetings, le PDG (Parti démocratique gabonais, au pouvoir) a déjà tout réservé", a-t-il déploré.

 

 

"Ce sont des démarches délibérées pour nous empêcher de battre campagne. Est-ce que c'est l'oeuvre du candidat du pouvoir ou de ses affidés qui font de l'excès de zèle, je ne sais pas", a-t-il ajouté.

 

 

 

A Port-Gentil, près de 10.000 personnes étaient réunies samedi après-midi dans le quartier populaire Château d'eau en l'attente de la réunion publique annoncée de M. Mamboundou.

 

 

A l'aéroport de cette ville, plusieurs centaines de militants du parti de M. Mamboundou, l'Union du peuple gabonais (UPG), ont envahi le tarmac et bloqué un avion d'une compagnie privée qui devait décoller à destination de Libreville.

Source: Afrique Centrale Info

meeting de Mamboundou, opposant(UPG) à Rio(LBV)

Par Nati - Publié dans : Qui est qui au Gabon?
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