Pierre Mamboundou dénonce «la mise en quarantaine de Ndendé» par le pouvoir
[ Libreville - Gabon ] ( 5/08/2005) L'Eveil National
M. Pierre Mamboundou, l'édile de la localité dresse un réquisitoire sans complaisance au pouvoir et à ses affidés, qu'il accuse de mettre « en quarantaine une localité qui n'a eu pour faute suprême que d'enfanter Paul Marie Yembit ».
Dans une série de correspondances datées du 12 juillet 2005, adressées au président de la République, au vice président de la République, au ministre des Travaux publics, de l'Equipement et de la Construction et au Gouverneur de la province de la Ngounié, toutes relatives aux travaux qui devaient être effectués dans la ville de Ndendé, au titre des fêtes tournantes du 17 août 2003.
M. Pierre Mamboundou, l'édile de la localité dresse un réquisitoire sans complaisance au pouvoir et à ses affidés, qu'il accuse de mettre « en quarantaine une localité qui n'a eu pour faute suprême que d'enfanter Paul Marie Yembit ».
Réagissant contre des menaces proférées contre lui, par le chef de l'Etat, lors de l'étape de Mouila de la tournée républicaine qu'il effectuait, M. Mamboundou « constate que la première institution du pays, qui connaît pourtant la réalité des résultats de l'élection présidentielle de 1998, profère des menaces contre celui qui est en réalité le chef de l'Etat choisi par les Gabonais ».
Pas peu fier de son statut, M. Mamboundou estime en effet que son honneur, parce que véritable vainqueur de l'élection de 1998, ne peut être bafoué sur des sujets de politique politicienne, ni sur des allégations mensongères dont il affirme que le président Bongo Ondimba en est coutumier.
Pour exemples, l'édile de Ndendé soutient que les sociétés retenues pour effectuer les travaux dans la commune représentent une enveloppe budgétaire de 847 909 435 FCFA et qu'à ce jour 452 090 565 FCFA ne sont attribués à aucune société donc à aucun projet. L'examen de ce dossier montre en effet que des 5 sociétés choisies par le gouvernement, seules 3 disposent d'une convention, acte juridique engageant les parties. Et ce sont ces 3 entreprises qui ont réalisé des travaux, sous menaces de traduction devant les juridictions compétentes en raison des retards observés.
M. Mamboundou pense logiquement que cette somme de 452 090 565 F CFA aurait donc disparu, à moins que MM. Roger Mavoungou, député de la Dola et Koumba Souvi, gouverneur de la Ngounié disent la destination de ces fonds.
De plus, il met au défi le président de la République de « démontrer que depuis le 24 septembre 1965, il ait engagé des projets de développement qui n'auraient prospéré par la faute d'un maire qui est en place depuis 1997 ».
Dans son adresse au vice président de la République, le maire de Ndendé lui rappelle que « depuis 1993, date de mon arrivée au Gabon, je vous ai toujours considéré comme une personnalité politique de la Ngounié ayant tiré les enseignements des combats fratricides, stériles, généralement alimentés par le président de la République. Le 02 juillet 2005, à Mouila, vous vous êtes cru obligé de vous comporter en thuriféraire pour montrer au président de la République que vous teniez à votre poste de vice-président ».
« Sachez qu'à partir de maintenant vous vous êtes mis en position tellement délicate à mon égard que vous ne serez plus à l'abri des attaques politiques... Devant cette situation (décrite plus haut), dont la clarté n'échappera à personne, vous conviendrez avec moi que vos menaces ne me concernent pas et par conséquent m'indiffèrent ».
Comme on le voit, le ton menaçant de Pierre Mamboundou est un autre son de cloche à l'impréparation de la tournée républicaine du chef de l'Etat, devenue sans objet pour de nombreux compatriotes. Comme on le voit, car cette tournée ne correspond en rien aux aspirations profondes des populations gabonaises qui attendaient plutôt que le président de la République leur fasse le bilan de son action depuis les 7 dernières années ou qu'il leur annonce des projets effectivement réalisables et socialement profitables.
M. Mamboundou lance toutefois de sages conseils au président de la République : « Il est honnête que je vous dise que les flagorneurs qui vous entourent constituent vos principaux détracteurs et votre principal danger... Hommes liges, ils vous conseillent aujourd'hui la neutralisation de Pierre Mamboundou, mais sachez qu'ils vont demain décrire dans des best-sellers tous les travers qu'ils observent au près de vous... »
« En tout état de cause, prenez en considération les conseils de ceux de vos très proches amis qui vous demandent avec insistance depuis des années de libérer le tête de l'Etat, car ils sont vos vrais parents et vos vrais amis, les autres ne pensent qu’à eux… ».
© L'Eveil National N°05
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